Jeudi 30 juin 2011

2008-2011, mouvements populaires et société civile

Jeudi 30 juin 2011 : "2008-2011, mouvements populaires et société civile."

Par Jacky Dahomay

Deux invités d’honneur - Laënnec Hurbon et Patrick Chamoiseau - seront présents et chacun à leur manière lanceront le débat



Depuis la crise ouverte dans le système capitaliste mondialisé, on assiste à des mouvements populaires (Grèce en 2008, LKP en Guadeloupe en 2009, révolution du jasmin en Tunisie en 2010 suivie cette année des divers printemps arabes et enfin révoltes en Espagne et de nouveau en Grèce) mouvements populaires qui semblent contagieux aussi bien concernant l’Europe, le Moyen Orient que l’Asie.

Même si chacune de ces révoltes s’enracine et prend son sens dans un contexte particulier, irréductible à aucun autre, il n’est pas interdit de s’interroger sur la dimension mondiale du phénomène. Je reste persuadé d’ailleurs que le mouvement populaire de Guadeloupe en 2009 a eu un écho internationaliste incontestable.

A l’évidence, ces mouvements populaires de ce début du XXI° siècle ne ressemblent pas vraiment au printemps des peuples du milieu du XIX° siècle ni aux révoltes et révolutions conduites au XX° siècle par des partis ou des Fronts de libération et encore moins aux jacqueries ayant scandé l’histoire de l’Europe.

Je formule l’hypothèse qu’ils dessinent des formes nouvelles de révolutions à venir vu les contradictions graves et les impasses dans lesquelles nous conduit le capitalisme néolibéral mondialisé.

Si nul ne peut prédire ce que donnera chacun de ces mouvements populaires dans le futur, on a tout de même le sentiment qu’une brèche est timidement ouverte dans le système et qu’un vent nouveau se lève qui interpelle l’ensemble de la planète.

Ce qui frappe aussi, c’est que les partis et théories révolutionnaires traditionnels sont comme dépassés par ce qui se passe comme si le développement du réel allait beaucoup plus vite que la théorie. Cependant, même si comme dit Hegel, la philosophie, comme l’oiseau de Minerve qui prend son vol le soir, vient toujours trop tard, après que la réalité se soit développée, n’avons-nous pas pour tâche, sans doute en toute modestie, d’essayer de comprendre ce qui se passe, de tenter d’élucider au plan théorique le sens des événements ?

J’avance une thèse (encore balbutiante avouons-le) que nous avons affaire là à des formes de mobilisation de la société civile qui se cherchent encore sans doute mais qui tranchent avec les conceptions du peuple défendues traditionnellement par les partis nationalistes et par les partis marxistes-léninistes (en tenant compte bien sûr de leurs différences).

Ainsi avais-je pu noter dans le mouvement LKP en Guadeloupe au début de l’année 2009, dans un article intitulé Que voulons-nous Guadeloupéens ? une mobilisation nouvelle et une autonomisation de la société civile guadeloupéenne.

Il me semble –mais cela est sujet à débat- que l’échec du LKP est dû en grande partie au fait que ses dirigeants étaient surtout animés par des conceptions traditionnelles du peuple qui les empêchaient de saisir toute la nature inédite du mouvement qu’ils avaient eux-mêmes déclenché. Le deuxième exemple fort qui mérite d’être interrogé est le cas tunisien, mobilisation inattendue de la société civile qui a surpris aussi bien le pouvoir en place que les différents groupes religieux.

Peuple ou société civile ? Quelle est la différence ? Si elle existe, quelle est sa pertinence ? Faut-il revoir Hegel, Marx et Gramsci à ce sujet ? De surcroît, n’est-ce pas aussi la conception démocratico-libérale de la démocratie qui est ici remise en cause ?

Peut-on voir aussi dans ces mouvements populaires la quête de formes nouvelles de révolution démocratique dans des démocraties libérales allant se délitant ?

Autant de questions sans réponses définitives ni dogmatiques, bien sûr, mais qui nous invitent à en débattre sérieusement.

Ce pourquoi nous vous invitons à participer à notre café-débat social club du jeudi 30 juin.

Jacky Dahomay


Jeudi 30 juin 2011, à partir de 19 heures

Entrée libre




  • L’esclavage : crime contre l’Humanité. Quelle réparation pour l’irréparable ?

    Jeudi 20 juin 2014 à 19 heures

    Par Alex Lollia (Professeur de philosophie, syndicaliste) Parce que nous aurons célébré, une fois l’an, la journée de l’abolition, nous ne serons pas quittes, pour autant, avec ceux qui ont subi : « le collectif ravalement à la bête ». Si l’esclavage, à n’en pas douter, s’avère un crime conte (...)

    Lire la suite »

  • Jacques André - "L’inconscient est politiquement incorrect"

    samedi 12 avril 2014

    Nous vous invitons à un café-débat exceptionnel, le samedi (et non le jeudi) 12 avril 2014, à la Casa del tango, 651 rue Alfred Lumière à Jarry à 18h30. Nous avons l’honneur de recevoir notre ami Jacques André, célèbre psychanalyste, dont les thèses sur la famille antillaise ont fait autorité. Thème : (...)

    Lire la suite »


  • Comment évoluent les sexualités en Guadeloupe ?

    jeudi 27 mars 2014 à 19 heures

    Par Stéphanie Mulot (Anthropologue) A partir d’études sociologiques et anthropologiques sur le genre, la sexualité, les rapports hommes/femmes, nous tenterons de proposer une réflexion sur la façon dont les normes culturelles, sociales et morales déterminent les comportements des individus, (...)

    Lire la suite »

  • L’identité en procès

    jeudi 27 février 2104 à 19 heures

    Par Jenner Benmister (professeur de philosophie) Les questions identitaires ne cessent de travailler les consciences antillaises mais aussi celles de citoyens du monde entier. Mais que cachent-elles en réalité ? Ne faudrait-il pas les interroger en profondeur ? Thème : L’identité en procès par (...)

    Lire la suite »